bandeau_haut

<< Analyses & études

25/11/2009

Profession, accueil jeune enfant

Les professions et leur coordination dans les établissements d’accueil collectifs du jeune enfant : une hétérogénéité source de tensions au sein des équipes

Extrait de l’introduction :
« Cette recherche est le premier jalon d’une série de travaux impulsés IMG/gif/Professions_Jeunes_Enfants.gif par la CNAF dans le cadre d’un appel à propositions de recherche sur les métiers de la petite enfance lancée en 2008. Dans un contexte d’évolution du champ de l’accueil des jeunes enfants, l’appel à proposition invitait à analyser l’hétérogénéité des différents métiers de la petite enfance ainsi que les transformations des pratiques éducatives et pédagogiques des différents professionnels.
Alors que la plupart des métiers sont traversés par des questionnements relatifs à leur condition d’exercice, les métiers de la petite enfance ont quant à eux fait l’objet de peu de travaux. Les taches produites restent pour la plupart invisibles, comme irrémédiablement scellées aux questions de genre, et les métiers qui y sont rattachés sont peu soumis à une réflexion approfondie sur leur hétérogénéité. Au-delà du constat connu de leur diversité, peu de travaux se sont intéressés au sens que cette diversité pouvait produire sur les professionnel (le)s et sur l’activité elle même : que produit sur le terrain l’exercice en un même lieu de ces différents métiers ? Cette diversité est-elle sources de tensions, de contradictions, de pressions, de résistances, voire d’enjeux de pouvoir ? Si oui, sous quelles formes ? Ou au contraire facilite t-elle la mise en place de projets, d’échanges de savoirs, d’innovations ? Si oui comment ?
La recherche présentée ici, réalisée par Sophie Odena du Laboratoire en Economie et Sociologie du Travail de l’université de Provence, sous la direction d’Anne-Marie Daune Richard et Francesca Petrella répond en partie à ces questionnements en analysant l’évolution des professions intervenant dans les établissements d’accueil du jeune enfant. Le travail s’articule autour de trois dimensions :
- le contenu des formations de chacune d’entre-elles et les fondements théoriques sur lesquels elles s’appuient,
- l’hétérogénéité des lieux d’exercice,
- la construction sociale des trajectoires individuelles des professionnels de la petite enfance.
Sophie Odena montre que les évolutions en terme de professionnalisation touchent non seulement le contenu des formations proposées mais aussi les qualifications requises pour chacun des postes et le niveau des salaires qui lui est associé. Elle précise que les contenus des différents diplômes ont certes évolué mais il semble que ces évolutions se fassent parallèlement pour chaque profession sans qu’une réflexion globale sur les métiers de la petite enfance se soit réellement engagée.
La modification du diplôme d’éducateur de jeunes enfants (EJE) en est l’un des signes manifeste, il répond aujourd’hui à des besoins et s’adapte sans doute davantage aux fonctions de direction, il n’en demeure pas pour autant un diplôme de direction et pose le problème de la pénurie à venir des EJE en section. En outre, il apparaît qu’hormis la formation et la profession d’éducateur de jeunes enfants, sans doute la plus ciblée sur l’accueil des jeunes enfants, les professions en crèche ne sont pas « formatées » pour ces établissements.
Paradoxalement, c’est précisément l’éducateur de jeunes enfants qui apparaît dans les structures comme le professionnel le plus « isolé ». Les chercheuses montrent également que deux catégories de personnels - auxiliaires de puériculture et agents auprès des enfants - ont du mal à être distinguées, y compris par les agents eux-mêmes. _ Par ailleurs, la classification des agents auprès d’enfants titulaires d’un CAP et des auxiliaires de puéricultures dans la même catégorie de classification des métiers pose la question de l’incitation à la formation continue et de l’intérêt que peuvent trouver les professionnels à se former. »


Dossier d’étude N° 121 Octobre 2009 - par Sophie Odena,
Sous la direction d’Anne-Marie Daune-Richard et Francesca Petrella,
LEST/CNRS (Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail) Université de Provence Université de la Méditerranée ;
Téléchargeable infra

(PDF - 739.8 ko)