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13/11/2009

Rapport d’information sur la scolarisation des jeunes enfants

Novembre 2009 : Un rapport du Sénat, établi pour le groupe de travail par Mme Monique PAPON et M. Pierre MARTIN, propose de créer un « jardin d’éveil » à la place de la maternelle pour les tout-petits :
La commission des affaires culturelles a souhaité dresser un état des lieux de la scolarisation des jeunes enfants, plus précisément des moins de trois ans, pour mieux comprendre les enjeux du débat actuel. Elle en a confié la charge à un groupe de travail animé par Mme Monique Papon et M. Pierre Martin.

Au cours du XXe siècle, l’école maternelle s’est progressivement affirmée dans sa singularité et a été reconnue comme le fleuron du système éducatif français. Son développement a contribué à faire de la scolarisation précoce et massive des enfants dès leur plus jeune âge une des spécificités de notre pays.

En France, depuis les années 1990, la quasi-totalité des enfants est ainsi scolarisée à l’école maternelle dès l’âge de trois ans, ainsi qu’une fraction importante des enfants de deux ans, en l’absence de toute obligation légale. Toutefois, l’accueil des enfants de moins de trois ans se fait dans la limite des places disponibles, ce qui lui vaut souvent le vocable de variable d’ajustement des effectifs.

Le débat que le groupe de travail a engagé avec les différents partenaires concernés n’a pas pour finalité de remettre en cause le principe de l’école maternelle, qui relève d’un choix culturel et politique fait par notre pays dès la fin du XIXe siècle. Ce questionnement porte sur le bien-fondé d’une entrée aussi précoce dans un cadre scolaire.

Partisans et détracteurs de la scolarisation des moins de trois ans s’affrontent ainsi sur deux logiques, une scolarisation précoce comme facteur de réduction des inégalités sociales et de prévention de l’échec scolaire, ou une inadaptation de l’institution scolaire à la prise en compte du développement et du bien-être du jeune enfant.

« Quand on dit 2 ans et 3 ans, c’est comme si on disait 12 ans et 25 ans. A deux ans, de trois mois en trois mois, les enfants évoluent énormément ; leurs intérêts, leur mode de langage au sens large du terme sont en continuelle mutation. »

En fait, les enjeux posés par la réflexion du groupe de travail sont larges et divers. Ils touchent à l’organisation même de notre société tant à la nécessaire conciliation d’une vie professionnelle et familiale qu’à la prise en compte d’un égal accès aux différents modes d’accueil du jeune enfant. A la frontière de deux politiques, entre branche famille et éducation nationale, la question de l’entrée à l’école maternelle dès deux ans renvoie notamment à la structuration actuelle de l’offre de garde en France. Au nom de son excellence ou de son moindre coût, l’école maternelle est souvent mise en demeure de résoudre des problèmes auxquels notre société est aujourd’hui confrontée. Or le rôle de l’école maternelle est de permettre à chaque enfant de devenir élève. Le passage du temps de l’enfant au temps de l’élève renvoie à une question essentielle qui est celle de l’attention portée au « temps du bébé ».

Consulter- télécharger - infra :
- le rapport intégral.
- le débat du sénat sur les jardins d’éveil.

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