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20/02/2009

Petite enfance & accueil atypique

Petite enfance - accueil atypique

L’accueil [1] de la petite enfance est confronté à de multiples questions qui débordent largement la seule nécessité de garde de l’enfant pendant que les parents travaillent. Leur diversité renvoie à l’historique, au cadre de mise en œuvre des dispositifs d’accueil et à la variété des situations et des besoins des familles qui en sont à l’origine.

A cet effet, on consultera d’abord dans la suite de cet article (A) une historique globale des pratiques d’accueil, qui nous permet de situer le cadre d’émergence de l’accueil dit « atypique » (dossier du C.E.R.E). A lire dans ce dossier également, nombre d’éléments aisément transposables sur notre territoire : les difficultés de mise en place d’un accueil atypique, la résistance au changement, les questions de financement, qui paie quoi…

Pour le terme « atypique », adjectif dont la définition est « Qui diffère du type normal, habituel. Inclassable », nous restreindrons le champ d’investigation déjà suffisamment large autour des horaires atypiques – sans aborder les autres questions liées et déjà accessibles en ligne : pédagogie de la diversité, accueil des enfants en situation de handicap, déjà abordées par l’ACEPP.

L’accueil en horaires atypiques : il est abordé dans le détail sous l’angle de l’innovation dans un numéro datant de 2005 de la revue l’essentiel, Publication électronique de la Direction des Statistiques, des Etudes et de la Recherche de la Caisse nationale des allocations familiales dont on trouvera l’introduction du dossier à la suite de ce document (B). « Face à l’évolution des besoins en matière de demande de garde des ménages, les réponses des pouvoirs publics sont encore incertaines. Jusqu’où convient-il d’aller pour faire face à cette complexification des modes de prise en charge de la petite enfance ? Faut-il ou non couvrir des périodes de la journée réputées incompatibles avec les horaires normaux des services publics ? Les entreprises qui sont à la source de ces horaires flexibles et atypiques doivent-elles s’impliquer dans la régulation de ces nouveaux besoins et sous quelles formes ? »

A la suite, on trouvera un extrait de l’article de Anne Eydoux pour le Centre d’études de l’emploi – LESSOR/Université Rennes 2. datant de 2005 aussi, sur "Les métiers de la petite enfance à l’épreuve des horaires atypiques"(C), car si l’on peut considérer que ce type d’organisation n’en était alors qu’à ses balbutiements, depuis les expériences se sont multipliées et diversifiées, en utilisant de façon complémentaire à un accueil collectif tantôt les assistantes maternelles, tantôt la garde à domicile, en support associatif comme en crèche d’entreprise, on trouvera ci après quelques exemples.

Car la prise en compte des horaires atypiques concerne bien l’évolution des modes d’accueil, ce qui rapproche notre réflexion des questions posées par l’UNIOPSS (D), lors de l ‘audition de Michèle Tabarot, dont le rapport a été publié l’été dernier : « développement et diversification de modes d’accueil de qualité, ou commercialisation d’un produit ? »

Plus globalement sur la notion de diversité, on conseillera la lecture de l’article « Liberté, fraternité... diversité ?, Ou comment on désamorce la question sociale en la reformulant en problème d’identité culturelle », par Walter Benn Michaels dans le Monde Diplomatique de février 2009.

(A) Brève historique des pratiques d’accueil

Le dossier publié par le « centre d’expertise et de ressource pour l’enfance » pour la communauté française de Belgique synthétise clairement « l’évolution des représentations, des fonctions et des pratiques d’accueil » dont on lira ci dessous quelques extraits : « ….En quelques décennies, les milieux d’accueil de la petite enfance sont passes d’une vision purement socio sanitaire ciblant I ‘enfant a celle d’un service multi fonctions a destination de I ‘enfant et de sa famille.

Ainsi, à l’origine (…) protéger I’ enfant, préserver sa sante et son bien-être constituent les missions de I’ accueil. La fonction sociale du milieu d’accueil est prépondérante, dans sa dimension de prévention socio - sanitaire. Avec I’ évolution du marche du travail, Ie public cible des milieux d’accueil se transforme de manière radicale, puisque I’ accueil est surtout organisé pour permettre aux femmes d’accéder au travail salarie ou a la formation, dans une triple optique d’émancipation féminine, d’égalité des chances entre hommes et femmes en matière d’emploi, et d’amélioration de la situation financière des ménages. L’intérêt se centre sur la famille et en particulier sur les mères qui travaillent. La fonction économique de I’ accueil est centrale ; elle a un impact non seulement au niveau de I’ individu et de la femme, mais aussi sur un plan macro économique(…).

Dans la foulée des recherches sur Ie développement de I’ enfant (…), I’ accueil se centre (…) sur I’ enfant pour viser son épanouissement, sa socialisation précoce, son bien - être, son éducation pré scolaire ; parallèlement, I’ accueil se professionnalise davantage, au départ du constat que prendre soin d’un enfant qui n’est pas Ie sien constitue un vrai métier. (…) La fonction éducative de I’ accueil est particulièrement développée ; celle-ci peut viser, entre autres (…) un objectif plus large d’ éducation globale, de I’ ordre d’« apprendre a grandir ».

Enfin, au cours de cette dernière décennie, (…) la famille est reconnue comme le premier éducateur de I’ enfant et a ce titre, les milieux d’accueil sont amenés a considérer celle-ci comme partenaire dans leur relation a I’ enfant. Les missions de I’ accueil s’élargissent et cherchent a concilier intérêt de I’ enfant et service rendu a la famille. Dans des mesures très variables selon leur projet d’accueil, on observe une ouverture des milieux d’accueil aux familles et à leur diversité. Diversité culturelle et sociale, mais aussi diversité des situations de vie et des formes familiales. (…) La fonction sociale du milieu d’accueil acquiert ainsi une ampleur nouvelle, en prenant deux formes distinctes, bien qu’étroitement liées. Fonction de soutien aux familles ou il la parentalité, d’abord. Cela se concrétise, par exemple, par un soutien de type socio sanitaire, en permettant a I’ enfant d’évoluer dans un milieu de vie adapté (hygiène, sécurité matérielle et affective, respect des rythmes, etc.), ce qui est particulièrement important lorsque le logement familial ne le permet pas. Ou encore par un soutien éducatif ; en offrant aux parents des lieux ou ils sont confrontés a d’autres pratiques éducatives que les leurs, Ie milieu d’accueil permet a ceux-ci de se construire des repères pour éduquer leur enfant. Fonction de lien social, ensuite ; Ie milieu d’accueil est un lieu de (re)socialisation parentale car les parents peuvent y rencontrer les professionnels qui prennent soin de leur enfant, mais aussi d’autres parents ; certains milieux d’accueil donnent aussi aux parents la possibilité de s’investir a des degrés divers et donc de (re)trouver une utilité sociale.

Parallèlement se développe un courant de pensée, soutenu notamment par l’UNICEF, qui prône une approche holistique du développement précoce de I’ enfant, considérée comme un droit de I’ enfant à part entière.(…) Ce courant de pensée (prend) en compte le bien-être général des enfants sous toutes ses formes, ce qui englobe la sante, la nutrition, I’ environnement vital, Ie développement social, émotionnel et cognitif, et la protection contre les risques.

Dans cette optique, les gouvernements qui ont ratifié la convention des droits de I’enfant se doivent donc de soutenir les familles dans leurs efforts en ce sens. Les interventions pour encourager les familles incluent notamment I’ éducation, les supports parentaux, les approvisionnements et services, I’ amélioration de I’ environnement domestique a travers I’ éducation, I’ accès aux services de sante, des centres d’accueil de I’ enfance avec des services « globaux », et une nutrition adéquate.(…) (extrait dossier du C.E.R.E)

(B) Les expériences innovantes d’accueil à horaires atypiques

« L’offre de services d’accueil de la petite enfance est en France segmentée et décentralisée. Les structures collectives publiques ont des horaires correspondant généralement à la « norme »de temps de travail. Mais il existe des dispositifs plus flexibles, relevant soit du marché, soit d’initiatives associatives locales organisées.

Ces services sont confrontés à de nouvelles demandes des parents. L’augmentation de la flexibilité des horaires de travail et les changements qui affectent la structure et l’organisation familiales suscitent des besoins d’assouplissement ou d’extension des horaires d’accueil.

La politique familiale tente d’y répondre, en encourageant notamment le développement de structures d’accueil à horaires atypiques. Toutefois, un tel développement conduit à étendre ces horaires à un plus grand nombre d’emploi. Les contraintes de la flexibilité sont alors reportées sur les professionnels de la petite enfance, qui peuvent à leur tour éprouver des difficultés à articuler vie familiale et vie professionnelle. » ( extrait revue l’E-sentiel)

( C) Les métiers de la petite enfance à l’épreuve des horaires atypiques Les leçons des structures expérimentales

La politique familiale soutient le développement de l’accueil des jeunes enfants à des horaires plus flexibles afin d’adapter l’offre au renouvellement des besoins des parents, surtout professionnels (horaires flexibles ou décalés) mais également sociaux (en lien notamment avec l’augmentation des familles monoparentales). Dans cette perspective sont encouragés non seulement le développement de l’accueil individuel au domicile d’un(e) assistant(e) maternel(le) mais aussi l’assouplissement des plages d’ouverture des structures collectives.

Cependant, la question des conséquences pour les professionnels et les métiers de la petite enfance n’a pas été véritablement posée. Elle est ici abordée à partir d’une recherche menée dans des structures expérimentales d’accueil à horaires atypiques, auprès de professionnels travaillant à de tels horaires. En partant de la segmentation actuelle des métiers de la petite enfance, telle qu’elle est informée par la politique familiale, on montre comment ces expériences innovantes travaillent le champ professionnel de la petite enfance et en renouvellent la segmentation.

(D) Développement et diversification de modes d’accueil de qualité, ou commercialisation d’un produit ?



Ce secteur est actuellement l’objet de forts bouleversements. Il est au cœur des préoccupations politiques. Les enjeux qui le traversent sont multiples : quelle articulation entre accueil individuel, accueil collectif et école maternelle ? Quelle priorité entre accueil individuel et accueil collectif ? Quelles évolutions pour les associations ? Quelle place pour la qualité de l’accueil de l’enfant dans un cadre budgétaire de plus en plus contraint et des exigences de sécurité de plus en plus grandes ? Les associations regroupées au sein de l’Uniopss et de sa commission Petite enfance reconnaissent le besoin d’accueil et, par conséquent, la nécessité de développer quantitativement les modes d’accueil : il s’agit notamment d’inventer de nouvelles modalités d’accueil.

Les acteurs de l’économie sociale sont également pleinement conscients des contraintes budgétaires qui pèsent tant sur l’Etat que sur les collectivités territoriales.
Les associations soulignent enfin la complexité de l’organisation actuelle de la petite enfance en France et préconisent donc une simplification, notamment dans les modalités financières en terme de coût et de reste à charge pour les familles. (extrait Contribution UNIOPPS).


Documents joints :
- 1 - Accueil atypique en Communauté française : à la recherche des conditions optimales d’accueil, vers une politique d’égalité d’accès pour tous Recherche effectuée pour Madame Catherine Fonck, Ministre de la Santé, de l’Enfance et l’Aide à la Jeunesse - Centre D’Expertise er de ressources pour l’Enfance - ASBL - Décembre 2007.
- 2 - L’e- ssentiel - Jeunes enfants : les expériences innovantes d’accueil à horaires atypiques Publication électronique de la Caisse nationale des allocations familiales Direction des Statistiques, des Etudes et de la Recherche Juin 2005
- 3 - Audition Madame Michèle Tabarot Evolution des modes de garde contribution de L’UNIOPSS
- "4 - Les métiers de la petite enfance à l’épreuve des horaires atypiques" de Anne Eydoux pour le Centre d’études de l’emploi – LESSOR/Université Rennes 2- 2005.
- "5 -Petite enfance et horaires atypiques - Analyse de quatre sites expérimentaux " Laboratoire d’analyse des politiques sociales et sanitaires - Ecole nationale de la santé publique par Claude Martin, Blanche Le Bihan,Arnaud Campeon, Guillaume Gardin - dossier d’étude N° 73 - Octobre 2005 - Caisse Nationale des Allocations Familiales.

Notes

[1] Les éléments qui suivent sont rassemblés dans le but de fournir un support de réflexion aux parents, professionnels et élus, et plus particulièrement à ceux qui participent à la journée d’étude organisée par le territoire Valdac le 27 février 2009. D’autres éléments d’expériences pourront être inclus au présent dossier afin d’approfondir la documentation.

1 Rapport recherche Atypique (PDF - 400.4 ko)
2 ExpérInnovAtypique (PDF - 321.5 ko)
3 AuditionMmeTabarotUNIOPSS (PDF - 381 ko)
4 métiersPEatypique (PDF - 453.5 ko)
5-PE&HorairesAtypique (Word - 680 ko)