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15/06/2007

Périnatalité : Winnicott

Donald W. Winnicott (1896-1971)


Biographie

Pédiatre et psychanalyste anglais, Winnicott assura pendant quarante ans une consultation de pédiatrie à Londres. Une valeur centrale animait sa manière d’être avec lui-même et avec autrui : le jeu (play). Influencé IMG/jpg/winnicottDonald.jpg par Freud et Mélanie Klein, il se servit des intuitions de chacun et ébaucha au fur et à mesure de son expérience clinique une véritable théorie du développement. Il s’attacha particulièrement à la dyade mère/enfant dont il étudia les relations et leurs conséquences sur le développement du nourrisson dès les premiers moments de la vie.
Les soins maternels présupposent une notion capitale : l’identification de la mère au nourrisson. Winnicott estime que cette capacité d’empathie s’élabore petit à petit au cours de la grossesse, la mère évoluant peu à peu vers un état spécifique qu’il a dénommé " Préoccupation Maternelle Primaire" (1956). Par ailleurs, la mère joue un rôle de miroir pour l’enfant.

Winnicott aborde trois perspectives dans lesquelles l’environnement doit intervenir pour permettre la maturation du Moi de l’enfant :
- • le holding, c’est à dire la façon dont l’enfant est porté, qui déterminera le processus d’intégration, conduisant l’enfant à un état d’unité. Au départ en fusion avec sa mère, l’enfant perçoit des " objets subjectifs ", établissant le sentiment d’être, à la base de l’identité. Plus tard, le nourrisson devient un sujet objectif et se perçoit comme tel. Se créée ainsi la notion de self.
- • le handling, c’est à dire la manière dont il est traité, manipulé, soigné qui amènera le processus de personnalisation ou interrelation psychosomatique, c’est à dire l’installation de la psyché dans le soma et le développement du fonctionnement mental.
- • l’object-presenting ou le mode de présentation de l’objet, à l’origine de l’édification des premières relations objectales qui aboutit à la capacité d’utiliser l’objet. La personnalisation est le processus psycho-somatique par lequel le Moi se fonde sur un Moi corporel. En fait, ces trois processus sont intriqués et participent tous à la constitution du Moi.
Parallèlement aux trois processus d’intégration, apparaît la " capacité d’ëtre seul "
Au cours de l’évolution des processus de maturation, la relation entre la mère et l’enfant va se modifier et Winnicott distingue trois grandes phases dans la première enfance :
- • la phase de dépendance absolue (5 premiers mois), l’enfant est en fusion avec la mère
- • la phase de dépendance relative (du 6ème mois à la fin de la première année)
- • l’indépendance (au début de la deuxième année)

La manière dont la mère et l’environnement proposent le monde à l’enfant détermine l’établissement de la relation d’objet qui se fait à travers deux schèmes : le phénomène transitionnel et l’agressivité . • Les objets " autres que moi" ou objets transitionnels participent au cheminement de l’enfant du subjectif pur à l’objectivité. Les objets transitionnels sont de nature paradoxale ; ils ne viennent ni du dedans ni du dehors, mais d’un espace quelque part entre l’enfant et la mère. Le phénomène transitionnel est donc une tentative faite pour unir et communiquer. • L’agressivité est présente avant l’intégration de la personnalité ; l’enfant a un certain potentiel inné de motricité primitive et d’agressivité ; l’agressivité a besoin d’un objet pour s’exprimer ce qui entraîne la distinction du Moi et du non-Moi. Pour passer de la relation d’objet à l’utilisation de l’objet, il faut que l’enfant détruise l’objet. La pulsion destructrice a donc une valeur tout à fait positive. La position dépressive (du 6e mois à la fin de la première année) est porteuse d’aspects maturatifs, et l’enfant peut ensuite aborder le problème de la triangulation des relations c’est à dire le complexe d’Œdipe. Winnicott met constamment en parallèle le développement de l’enfant en interaction avec s amère et l’évolution avec l’analyste en psychothérapie. Il cerne les aspects communs de leur fonction fondée pour l’un et l’autre sur la confiance et la fiabilité. Il met en évidence les similitudes de la mère et du thérapeute dans leur fonction de miroir et de soutien à la poursuite du même objectif : le passage de la dépendance à l’autonomie, l’accession à la capacité de jouer ensemble, la découverte du soi (vrai self) à travers la créativité. L’internaute se réfèrera pour de plus amples informations, à l’ouvrage " Le développement affectif et intellectuel de l’enfant " Editions Masson, sous la direction de Bernard Golse, à partir duquel ont été relevées ces définitions schématiques d’après un texte rédigé par Isabelle Funck-Brentano.


Bibliographie

- De la pédiatrie à la psychanalyse, Payot 1969
- Processus de maturation chez l’enfant, Payot 1970
- La consultation thérapeutique et l’enfant, Gallimard 1971
- L’enfant et le monde extérieur, Payot 1972
- L’enfant et sa famille, Payot 1973
- Jeu et réalité, Gallimard 1975


Sources des éléments supra :
- Psynem

  • Service de pédopsychiatrie de l’hôpital Necker-Enfants malades
  • 149 rue de Sèvres, 75015 Paris
  • site web

    Articles complémentaires :
    - on pourra télécharger infra deux articles de Winnicot :
  • La capacité à être seul
  • L’enfant et sa famille (1957)