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3/02/2004

Enquête nationale périnatale 2003

Enquête nationale perinatale situation en 2003 et évolution depuis 1998

Cette étude a été mise en œuvre par la Direction Générale de la Santé (DGS), et réalisée par les services départementaux de Protection Maternelle et Infantile (PMI), la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES) et l’Unité de Recherches épidémiologiques en Santé périnatale et Santé des femmes (Unité 149) de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM).
Elle a été subventionnée par la Direction Générale de la Santé (Sous-Direction de la Qualité du Système de Santé). Elle a été possible grâce à la contribution de personnes travaillant dans les maternités, dans les services de PMI, à la DREES et dans l’Unité 149 de l’INSERM. Nous remercions les médecins des maternités qui ont accepté que l’enquête ait lieu dans leur service. Nos remerciements s’adressent également à toutes les personnes qui ont apporté leur concours à la réalisation de l’enquête.

Résumé de l’étude

Des Enquêtes Nationales Périnatales sont réalisées à intervalle régulier pour suivre l’évolution des principaux indicateurs de santé et de pratiques médicales, aider à l’évaluation et à la décision des actions de santé, et répondre à des questions qui se posent à un moment donné. Ces enquêtes portent sur la totalité des naissances d’enfants nés vivants ou mort nés survenues pendant une semaine, si la naissance a eu lieu après au moins 22 semaines d’aménorrhée ou si l’enfant pesait au moins 500 grammes. Les informations sont recueillies à partir du dossier médical des maternités et d’un interrogatoire des femmes en suites de couches. L’enquête de 2003 a eu lieu en octobre. L’échantillon comprenait 15 378 enfants dont 14 737 en métropole et 641 dans les Départements d’Outre-Mer (DOM).
Les évolutions les plus marquantes par rapport à l’Enquête Nationale Périnatale de 1998 sont les suivantes :
- La situation socio démographique des femmes a évolué dans un sens positif, du fait de l’augmentation de leur niveau d’études et de leur taux d’activité. De plus la consommation de tabac a légèrement diminué. D’autres aspects sont moins favorables : le décalage des naissances vers un âge maternel plus élevé est inquiétant dans la mesure où les risques pour l’enfant et la mère augmentent de manière sensible avec l’âge.
- La surveillance prénatale a augmenté en termes de nombre de consultations et d’échographies. Cette évolution s’est faite sans accroissement des hospitalisations. Le taux de couverture des examens de dépistage du VIH et du risque de trisomie 21a augmenté, traduisant une meilleure application des recommandations et de la réglementation. La diffusion des examens de dépistage pour la trisomie 21 s’est faite sans augmentation du taux d’amniocentèse, traduisant peut-être une meilleure prise en compte du niveau de risque des femmes.
- Les accouchements ont lieu plus souvent en secteur public et surtout dans des services de très grande taille, ce qui est le résultat des fermetures et des fusions de maternités.
- Le taux de césarienne a augmenté entre les deux enquêtes. Cette évolution porte uniquement sur les premières césariennes et les césariennes avant travail ; elle est particulièrement sensible en cas d’accouchement avant terme ou de naissance de jumeaux. Ceci semble traduire une attitude de précaution a priori, plus grande en présence de risques élevés pour l’enfant et la mère.
- La réduction de la douleur par une péridurale est devenue beaucoup plus fréquente et au total les trois quarts des femmes ont accouché avec une péridurale ou une rachianesthésie.
- Les taux de prématurité et d’enfant de poids inférieur à 2500 grammes ont tendance à augmenter de manière continue depuis 1995 parmi les enfants vivants uniques ; cette tendance est significative pour le poids, et à la limite de la signification pour la prématurité. Ceci montre toute l’importance d’enquêtes régulières selon une même méthodologie pour suivre sur le long terme des indicateurs ayant une évolution lente et persistante.
Des thèmes particuliers abordés pour la première fois ou plus développés dans l’enquête de 2003 permettent de faire le point sur certaines questions.
- Plusieurs indicateurs de santé ont pu être estimés en population générale et les valeurs obtenues vont pouvoir servir de référence : ceci est le cas pour le délai nécessaire pour concevoir ou certaines complications, comme les ruptures prématurées des membranes ou les hypertensions gravidiques.
- Le gynécologue obstétricien est la personne la plus souvent consultée pendant la grossesse. Le généraliste joue un rôle surtout pour la déclaration de la grossesse. La contribution des sages-femmes est relativement modeste par rapport à leur activité au moment de l’accouchement. Le rôle respectif des différents professionnels pendant la grossesse aurait besoin d’être surveillé dans l’avenir pour savoir comment se fait l’adaptation aux pénuries de professionnels.
- Il semble exister des tensions dans la prise en charge des femmes à l’intérieur de certaines maternités. Les maternités de niveau élevé ou de grande taille déclarent plus souvent que les autres maternités des difficultés pour accueillir les femmes pour l’accouchement, assurer la surveillance prénatale pour toutes les femmes, et offrir une préparation à la naissance à toutes les femmes qui le souhaitent.
Parallèlement, en 2003, on observe un nombre plus élevé de sorties précoces en suites de couches dans les maternités de grande taille ou de niveau III que dans les autres maternités. De plus on constate, parmi l’ensemble des femmes qui ont accouché, une dégradation entre 1998 et 2003 de certains indicateurs de la qualité de la prévention : le nombre de femmes qui n’ont jamais consulté l’équipe de la maternité ou qui n’ont pas eu de préparation à la naissance a en effet légèrement augmenté alors que, dans le passé, l’évolution était très nettement en sens inverse.
Il existe de fortes disparités entre grandes régions, en ce qui concerne les facteurs de risque, les comportements de prévention et les interventions médicales. Des différences particulièrement grandes sont observées entre les DOM et la métropole ; par exemple le taux de prématurité est environ deux fois plus élevé qu’en métropole. Cette enquête a permis d’obtenir des données de bonne qualité, très utiles pour suivre l’évolution de la santé et répondre à certaines questions. Il serait donc souhaitable de répéter cette enquête, en suivant la même organisation, notamment en maintenant un lien avec le système de recueil des certificats de santé du 8ème jour. Par rapport aux autres sources de données nationales existantes, elle présente deux avantages majeurs pour informer sur la situation périnatale. D’une part l’interrogatoire des femmes permet de bien connaître leurs caractéristiques sociodémographiques, le contenu de la surveillance prénatale et les comportements préventifs. D’autre part il est possible d’introduire des nouvelles questions pour chaque enquête et disposer ainsi d’informations particulières pour les problèmes de santé qui sont soulevés à un moment donné.

Source : MINISTERE DES SOLIDARITES, DE LA SANTE ET DE LA FAMILLE
INSTITUT NATIONAL DE LA SANTE ET DE LA RECHERCHE MEDICALE

Auteurs : Béatrice BLONDEL, Karine SUPERNANT, Christiane du MAZAUBRUN, Gérard BREART - Unité de Recherches Épidémiologiques en Santé Périnatale et Santé des Femmes, INSERM - U. 149 Enquête réalisée avec la participation des Services de Protection Maternelle et Infantile des Conseils Généraux - Février 2005 téléchargeable infra.

(PDF - 275.4 ko)