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18/12/2006

Matraitance et enfants en danger

« (...) Historiquement, la reconnaissance de la maltraitance à enfant apparaît tard dans la littérature : alors que dans l’Antiquité gréco-romaine le père a droit de vie et mort sur les enfants et que, au moyen âge, l’enfant reste conçu comme un être totalement modelé par son éducation, ce n’est qu’à la fin du XIXème siècle que ses droits sont envisagés. C’est en 1860 qu’un professeur de médecine légale fait, à Paris, la première description clinique d’enfants battus, mais il faut attendre 1887 pour qu’une loi interdise les châtiments corporels des écoliers et 1889 pour qu’une protection des enfants maltraités soit établie. L’Etat crée ensuite un certain nombre d’institutions et de fonctions professionnelles qui ont pour mission de protéger l’enfant (1912 : juges spéciaux pour mineurs ; 1943 : Aide Sociale à l’Enfance (A.S.E.) ; 1945 : Protection Maternelle et Infantile (P.M.I.)). Plus tard, la loi du 10 juillet 1989, relative à la prévention de mauvais traitements à l’égard de mineurs et à la protection de l’enfance, rend les auteurs de sévices pénalement punissables, en même temps qu’une convention internationale sur les droits de l’enfant est rédigée par les Nations Unies. Celle-ci souligne la nécessité d’assurer la protection physique et morale de l’enfant.
Cette prise de conscience finalement récente de la réalité de l’existence d’une atteinte à l’intégrité morale ou physique de l’enfant met un terme à l’idée reçue selon laquelle la relation entre un enfant et les adultes les plus proches de lui serait systématiquement facile voire idéale.
Mais les résistances du passé à cette prise de conscience laissent encore leurs traces, dont les médias relatent désormais quasi quotidiennement l’existence (procès pour anciennes affaires de pédophilie, révélations tardives d’affaires familiales sordides…), se laissant parfois aller à une information parcellaire mâtinée de sensationnel.
Ceci a pour but de sensibiliser (...) à un problème, la maltraitance à enfant, qui renvoie à de multiples déterminants : déterminants médicaux, psychologiques, socio-éducatifs, culturels, judiciaires, éthiques etc.
La maltraitance à enfant se situe donc à la croisée de multiples chemins et, de ce fait, appelle plus que tout autre problème de santé publique à un travail transdisciplinaire, en réseau. Il importe donc pour le praticien de connaître le fonctionnement de ce vaste réseau de soin.
Le praticien n’a en revanche qu’un seul objectif, celui d’assurer la protection d’un enfant en danger. Sa place de somaticien lui donne accès de manière privilégiée à l’examen du corps de l’enfant. Sa place de médecin lui donne accès à l’évaluation de son développement psychoaffectif. Il n’est ni juge, ni enquêteur, ni moraliste. Sa place n’en demeure pas moins exposée à certains aspects médico-légaux de son exercice qui lui octroient le droit à déroger au secret médical, en particulier lorsqu’il décide d’un signalement. Nous analyserons la nécessité et le sens de celui-ci dans un chapitre qui lui sera consacré.(...) »


Source : service de pédopsychiatrie du CHU d’Angers, enseignement/cours assuré par Dr J. Malka, Pr. P. Duverger

Objectifs de l’enseignement et du cours :
- Savoir identifier une situation de danger ou de maltraitance avérée chez un enfant.
- Connaître la législation concernant l’approche médicolégale d’une situation de maltraitance ou de danger.
- Connaître la conduite à tenir devant une situation de danger ou de maltraitance.
- Avoir quelques notions sur les conséquences psychologiques d’une maltraitance.

Document téléchargeable infra.