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1er/10/2001

L’institut de la puériculture de Paris : Une structure au service de la vie

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Centre de néonatologie, service de médecine fœtale, laboratoires, lactarium, services pédopsychiatriques, école... Longue est la liste des activités de l’Institut de puériculture de Paris, dont la vocation première est la prise en charge globale des mères menant des grossesses pathologiques à haut risque fœtal et des prématurés en danger.

« Vous êtes priés de mettre vos téléphones portables sur la position arrêt car ils perturbent les appareils et de fait la santé des enfants. » Dès son entrée dans l’imposant bâtiment de briques rouges de l’Institut de puériculture de Paris (IPP), l’usager est prévenu : ici le nourrisson est roi.

Au deuxième étage, en effet, derrière la paroi vitrée de leur incubateur, des dizaines de prématurés s’évertuent à gagner du poids et à conquérir leur autonomie sous l’œil expert de spécialistes, comme sous celui, attendri, de leurs parents, vêtus d’une combinaison de protection. Si quelques bébés, dans des berceaux classiques, parviennent à respirer normalement, la plupart, moins chanceux, sont maintenus sous respirateur, subissent des traitements lourds tels que des chimiothérapies, et disparaissent derrière une forêt de fils, tous directement reliés au plafond. C’est qu’ici, certains hôtes pèsent à peine plus de... 600 grammes.

Après quelques mois en réanimation, les nouveau-nés passent en unité de soins intensifs, avant de préparer leur sortie en pédiatrie néonatale. Au total, l’IPP regroupe soixante-quinze incubateurs, ce qui en fait le plus gros service de néonatologie d’Ile-de-France, devant les prestigieux pôles mère-enfant des hôpitaux Antoine-Béclère, Cochin-Saint-Vincent-de-Paul ou Robert-Debré.

Un centre de référence

Géré par l’Association de développement de l’hygiène materno-infantile, l’IPP, dont le budget global s’élève à 26,7 millions d’euros [1](175 millions de francs), se distingue par son statut d’hôpital privé à but non lucratif. Un statut lié à son histoire, qui remonte à la fin de la Première Guerre mondiale. En effet, en 1919, des médecins américains s’alarment de la mauvaise qualité de l’hygiène dans les maternités françaises. Dans le cadre d’une fondation associant Croix-Rouge américaine et donateurs privés est alors créée une école de puériculture. L’IPP était né... et allait grandir. Au fil des ans, diverses activités se mettraient en place.

Aujourd’hui, l’IPP est devenu, comme l’explique son directeur, Daniel Beaune, « l’un des centres de référence en périnatalogie de l’Ile-de-France et est destiné à recevoir des nouveau-nés en détresse vitale et des grossesses pathologiques, en particulier, à haut risque fœtal ».

Prendre en charge ces bébés, tant sur un plan médical, social que psychologique, afin qu’ils trouvent un équilibre de santé et puissent vivre le plus vite possible avec leurs parents, tel est bien l’objectif affiché du centre de néonatologie. Mais derrière cela se cache souvent un combat acharné contre la mort et pour limiter les séquelles, notamment neurologiques. L’IPP traite ainsi près de 1 000 nouveau-nés par an, dont 80 % lui sont adressés par les hôpitaux et cliniques de la région, voire de province. Quelque 70 % de ceux qui sont admis sont nés prématurés, avec, pour la moitié, un poids inférieur à 1,5 kilo.
Depuis 1988, l’IPP comprend un centre dit de diagnostic anténatal et de médecine fœtale accueillant les femmes enceintes qui, tôt, éprouvent des difficultés à mener à terme leur grossesse et nécessitent une surveillance et des soins appropriés.

L’IPP favorise aussi les transferts in utero. Les mères, dont le fœtus requiert un suivi néonatal très spécialisé, peuvent ainsi quitter leur maternité pour accoucher sur place en présence de réanimateurs-pédiatres. Ces orientations s’inscrivent dans la droite ligne du plan gouvernemental de périnatalité de 1994, qui vise notamment à réduire la mortalité fœto-infantile et maternelle en France, encore beaucoup trop importante.

Autour du lourd noyau obstétrico-néonatalogique gravite, dans un souci de cohésion des soins, un ensemble de services satellites. Parmi eux, un vaste plateau technique de laboratoires. « Certains sont au service de nos centres cliniques et leur fournissent les analyses dont ils ont besoin pour préciser ou confirmer les traitements en cours ; d’autres répondent surtout aux demandes d’examens venues de l’extérieur, tel celui de sérologie et de recherche en toxoplasmose », résume Daniel Beaune.

Grâce aux laboratoires de biochimie, de bactériologie, de cytogénétique, de biologie moléculaire, d’hématologie... sont ainsi effectués tous types de prélèvements, d’analyses ou de dosages destinés à permettre des actions de prévention, du dépistage précoce - notamment de maladies génétiques telle la trisomie 21 -, ou encore une prise en charge thérapeutique adaptée, voire la réalisation d’autopsies de fœtus.

Une nébuleuse de services

Dans un autre registre, un lactarium autorise la collecte, le stockage, le contrôle, la pasteurisation de 5 500 litres de lait maternel par an. Ceux-ci sont ensuite distribués aux mères qui en manquent, dans les établissements de la région.

L’accompagnement des familles se voulant global, des structures de pédopsychiatrie ont, d’autre part, été mises sur pied. Un hôpital de jour de seize places accueille ainsi, jusqu’à l’âge de huit ans, des enfants atteints de troubles importants du développement, psychotiques ou autistes, et associe étroitement les parents au travail réalisé. De son côté, un centre d’action médico-sociale précoce intervient dans les domaines de la prévention et du suivi en direction des jeunes enfants porteurs de handicaps : infirmités motrices cérébrales, retards de développement, trisomie 21, souffrances psychiques. L’équipe composée de pédiatres, de psychologues, de puéricultrices, d’assistantes sociales, de kinésithérapeutes, de psychomotriciens, d’orthophonistes... œuvre alors, bien entendu, en lien avec le centre de néonatalité s’il s’agit d’enfants prématurés ou hospitalisés à l’IPP.
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Enfin, un centre de guidance infantile permet à des pédopsychiatres de travailler avec les familles, comme avec les futurs pères et mères, sur les troubles de la petite enfance liés à la relation précoce parents-enfants, au sommeil, à l’alimentation, à la propreté, à l’acquisition du langage. Une activité que complète celle du centre de protection maternelle et infantile, lieu d’accueil et d’écoute où sont menées des actions de prévention médico-sociale, allant de la vaccination à l’encouragement de la fonction parentale ou à l’éveil du jeune enfant. Y sont notamment organisés des ateliers pour préparer les mamans non voyantes, ou des groupes de parole avec interprète afin d’intégrer les familles d’origine étrangère et de lutter contre l’enfermement de certaines mères.

La volonté de l’IPP de transmettre ses compétences ne s’arrête pas là. En effet, fidèle à sa vocation première, l’enseignement, il prépare chaque année, dans son école, quelque quatre-vingt-dix infirmières au diplôme d’Etat de puériculture. L’Institut participe de surcroît à la préparation de divers diplômes tels celui d’études spécialisées de pédiatrie, le diplôme universitaire d’échographie ou celui de psychiatrie périnatale ; et accueille pour des formations spécifiques des biologistes, des sages-femmes, des assistantes sociales, des médecins étrangers... Une façon de promouvoir son savoir-faire et de permettre à d’autres d’apprendre à faire face à la détresse vitale des nouveau-nés mais aussi à celle, psychique, de leurs parents.

Florence Raynal Journaliste

Coordonnées

26, boulevard Brune, 75014 Paris. Tél. : (33-1) 40 44 39 39. Fax : (33-1) 45 39 00 10. site web

A découvrir

- • Le Bébé prématuré. L’accueillir, le découvrir, le soutenir , de Claude Beyssac-Fargues et Sabine Syfuss-Arnaud, coll. Bibliothèque de la famille, éd. Albin Michel, Paris, 2000.


Article extrait du n°43 (3e trimestre 2001) de Label France, publication du Ministère des affaires etrangeres consultable sur son site.http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/fr...  [1]

Sommaire du N° 43 de Label France : IMG/gif/rubon11366.gif

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Notes

[1] Les articles publiés dans le magazine « Label France » et les idées qui peuvent s’y exprimer n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs et ne représentent pas une position officielle du ministère des Affaires étrangères. La reprise des articles dans la presse est libre de droits, sous mention « Label France » et nom de l’auteur.



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