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1er/05/2003

Education et accueil des jeunes enfants

Les modalités de l’accueil et l’éducation des jeunes enfants en France composent un paysage foisonnant dans lequel la diversité des dispositifs et des aides, la spécificité des cadres d’action (espaces, horaires, objectifs) et des métiers, la multiplicité des acteurs et la complexité des partenariats qu’ils élaborent peuvent surprendre voire égarer le lecteur, lui donner le sentiment contrasté d’une grande richesse et d’un certain cloisonnement.
L’histoire explique pour une part la situation actuelle ; ce fut d’abord une oeuvre de charité, mais très vite une affaire d’Etat, que de mettre en sécurité les jeunes enfants des femmes employées dans les manufactures et les usines et, en même temps, de leur inculquer les premières habitudes d’ordre,d’obéissance et de travail. Dès le milieu du XIXème siècle, les bases de l’accueil collectif,essentiellement centré sur des préoccupations sociales et sanitaires, sont installées : crèches d’un côté, salles d’asile de l’autre préfigurant les écoles maternelles. Les nourrices avaient depuis longtemps inauguré des modes de garde individuelle, relayées par les employées de maison.
Néanmoins, la garde des jeunes enfants a longtemps relevé des fonctions domestiques assurées parla seule sphère familiale.
Le développement et la diversification des modalités d’accueil dont le détail est exposé dans cerapport sont ultérieurs à la seconde guerre mondiale. Plusieurs facteurs de nature variée concourent àces transformations : l’urbanisation de la France, l’évolution de l’emploi avec la montée du travail féminin lié au développement du secteur tertiaire, la meilleure acceptation de ce travail féminin, la mise en place du système de protection maternelle et infantile, la réglementation des crèches, la vulgarisation des connaissances scientifiques sur le jeune enfant et son développement. La finalité socio-éducative des modes d’accueil devient alors une préoccupation.
Progressivement, la politique familiale autrefois plus favorable au maintien de la « femme au foyer » a changé d’orientation, pour devenir aujourd’hui plus neutre vis-à-vis de la femme active. Le renforcement et la diversification des réponses publiques conduisent à développer l’accès aux modes d’accueil collectifs ou individuels pour les parents qui se maintiennent sur le marché du travail et à donner aussi la possibilité aux familles d’assurer elles-mêmes la garde de leurs enfants. Les nouvellesformes d’emploi associant flexibilité, temps partiel et précarité, rendent plus nécessaire encore l’individualisation des mesures.
Parallèlement, les mêmes facteurs conduisent à développer une demande de plus en plus précoce de scolarisation que d’autres causes internes au système éducatif (restructuration durant les années soixante, recul démographique) rendent possible.
Une politique de la petite enfance s’est ainsi progressivement structurée, faisant intervenir une multitude d’acteurs, tant au niveau national que local. Aujourd’hui, elle participe à la fois de la politique familiale, de la politique sanitaire et sociale et de l’emploi, et de la politique éducative, avec un principe d’action : la neutralité des pouvoirs publics et le libre choix des parents. La neutralitérésulte de la volonté de respecter la diversité des aspirations des familles et de prendre en compte la montée du travail féminin, et aussi du constat, d’après les quelques études sur le sujet, que l’influence du mode d’accueil sur les jeunes enfants dépend principalement de sa qualité et de l’adhésion desfamilles, sans privilège de l’un sur un autre.
L’extension et la diversification des modalités d’accueil ne doivent pas simplement être regardées selon la dimension quantitative ; durant les trente dernières années en particulier, les pouvoirs publics ont eu le souci constant de l’amélioration des fonctionnements en précisant des normes ou des orientations pour le cadre de vie, les objectifs et les contenus des modes d’accueil et d’éducation, en professionnalisant davantage les acteurs. Les deux grandes « familles » de dispositifs, ceux qui concernent les très jeunes enfants et qui sont multiples, et l’école maternelle, ont développé des orientations conformes à leur nature propre : plus centrées sur le soin, l’éveil, l’épanouissement dans un cas sans négliger la perspective éducative, plus tournées vers des premiers apprentissages dans l’autre cas avec le souci de le faire dans un style ludique et respectueux des besoins fondamentaux des jeunes enfants (...)

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Source : Organisation de coopération et de développement économiques

Texte intégral téléchargeable infra.

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